Vladimir Zbynovsky

 

Né à Bratislava (Slovaquie) le 28 novembre 1964.

Après des études secondaires menées aux Arts Décoratifs de Bratislava et centrées sur l’art de la pierre, il poursuit,  au sein de l’école Supérieure des Beaux Arts de Bratislava sa formation de sculpteur. Son matériau de prédilection devient alors le verre. Après l’obtention de son diplôme de sculpteur en 1991, il s’installe en France et participe dès lors à un certain nombre d’expositions, collaborant régulièrement avec des galeries européennes et internationales représentatives, prenant part à des salons d’art (Kunstrai, Pan Amsterdam, St’art, SOFA NY  et Chicago…).

 

 

Tourné vers un travail complet du verre mêlant techniques chaudes et froides – moulage, fusion, thermoformage, taille directe, taille optique, polissage, bouchardage – l’artiste tente d’explorer le champ immense des possibilités qu’offrent les matériaux verre et pierre. Le thème de son diplôme d’Etat, intitulé « Naissance de la lumière », ainsi que les cycles de création qui se succèdent désormais : « lumière de la pierre sidérale, aura de la pierre, esprit de la pierre, pierres, présences », évoquent le désir d’allier de manière sculpturale,  pierre et verre, gravité et transparence, opacité et signes lumineux. Les créations récentes, intitulées « Capteurs » (blocs de verre optique adaptés sur des stèles de granite) s’installent à l’extérieur, se fondent dans la nature et la métamorphosent.

  

 « Le verre a donné et ne cesse de le faire un sens à mon existence. Il a, à sa façon, infléchi ma formation artistique, orienté ma vie personnelle m’obligeant à me plier à ses possibilités, à le servir pour en exprimer ses faces les plus complexes, les plus méconnues. Il s’est rapidement imposé à moi car je l’ai vu comme doté de qualités complémentaires à celles de la pierre. Mon professeur des premières années, Juraj Gavula, formé à l’école de Cigler nous avait déjà appris à penser la pierre avec le vocabulaire du verre. Ce matériau m’était familier et, à l’orée de ma spécialisation, j’apercevais déjà les possibilités de volume, les mises en espace, le dialogue permanent avec la lumière. J’ai immédiatement abordé le verre en tant que matière sculpturale, délaissant le soufflage et les petits volumes, cherchant à donner de l’espace à mes créations. Tout naturellement, j’ai allié verre et pierre, réunissant symboliquement deux matières complémentaires, jouant du contraste des volumes, tentant d’occasionner une réflexion liée à la transcendance des matières face au temps. Quatorze années après l’obtention de mon diplôme universitaire, dont mon travail intitulé « La naissance de la lumière » présentait des colonnes de pierre surmontées de blocs de cristal fusionné et taillé, il me semble que mon approche du matériau est toujours faite de surprise et d’émerveillement. Il est vrai que je tente actuellement d’orienter ma recherche vers une approche plus conceptuelle, travaillant sur la notion d’écran, osant refuser désormais au verre toutes ses qualités esthétiques pour en conserver le message originel. Mes projets désireraient s’orienter vers des volumes encore plus  imposants, destinés à l’extérieur, replacés dans un environnement naturel…

 

Le verre n’est pas une matière tranquille, il pousse l’artiste vers l’extérieur pour habiter l’espace, le penser autrement. Récréation lumineuse, passeur et entité, le verre est aussi la matière qui accompagne l’homme dans sa marche, depuis les pâtes de verre mésopotamiennes aux réalisations en fibre optique et qui renouvelle l’aube du monde entre l’homme et son désir de pureté, part cachée de lumière et de transparence ».